Alya: « Israël est un pays en guerre mais paradoxalement, je m’y suis senti plus en sécurité que sur la Côte d’Azur! »

Cyril Smadja vit et travaille à Juan-les-Pins depuis un quart de siècle. Juif « mais pas religieux et surtout pas islamophobe », il a pourtant décidé de s’installer en Israël. Il explique pourquoi

Il a le regard paisible de ceux qui ont fait un choix. Des yeux sombres, très doux, enchâssés dans un visage juvénile. Et une voix sereine lorsqu’il articule en souriant :«Je pars demain pour Israël. J’aime la France, mais mon avenir n’est plus ici.»Cyril Smadja est juif. «Pas religieux, précise-t-il. Et encore moins islamophobe. Je mange du porc et certains de mes meilleurs potes sont musulmans. Ma décision de partir n’est pas motivée par une quelconque réaction raciste!». Né à Paris, il vit à Juan-les-Pins depuis vingt-cinq ans. Il a grandi dans la station et y travaille depuis «des lustres».

«J’ai une double casquette, détaille-t-il. Je suis rôtisseur le jour et, la nuit, je fais de l’animation. Vous voyez, bosser ne me fait pas peur ! Le souci, c’est que même en cumulant les heures, j’ai de plus en plus de mal à gagner ma vie.». C’est la première raison de son départ : «J’ai le sentiment qu’ici, l’avenir est bouché. Que l’économie se casse la gueule et que tout le monde s’en fiche ! Regardez Juan : les commerces ferment les uns après les autres, les locations saisonnières peinent à trouver preneurs et personne ne réagit.»

La seconde raison emboîte le pas à la première : «Les aides de l’État ne vont pas aux bonnes personnes. Je connais une famille avec quatre enfants et deux parents qui ne travaillent pas… mais qui gagnent plus que moi – seulement avec les aides et les allocations. On fait beaucoup trop de cadeaux à des étrangers. Désolé, je ne trouve pas ça normal!»

Pourquoi Israël ? «Je n’y avais jamais mis les pieds avant le mois d’octobre. J’y suis resté treize jours, juste le temps de rencontrer des cousins et de visiter le pays.» Il s’interrompt, cherche ses mots. «Comment vous dire ? Je m’y suis senti bien. Juste bien…» Il sourit. «C’est un pays en pleine croissance qui croit en son propre avenir. J’ai vu des buildings de cinquante-trois étages et des autoroutes à sept voies!»

Quinze jours après son retour à Juan, Cyril Smadja décide de repartir…..http://www.nicematin.com/antibes/cyril-29-ans-jai-choisi-de-quitter-la-france-pour-vivre-en-israel.2093853.html