Natalie, non pas ça non pas toi !!

 

Natalie Portman qui a refusé de recevoir le prix Genesis a choqué la communauté juive et tout Israël :

Ce prix qui récompense le travail et le dévouement d’une personnalité envers la communauté et les valeurs juives est d’une importance extrême. Natalie Portman l’a refusé en justifiant : »Israël a été créé il y a exactement 70 ans pour servir de refuge aux survivants de l’Holocauste », « Mais les mauvais traitements de ceux qui souffrent des atrocités d’aujourd’hui n’est simplement pas en accord avec mes valeurs juives. Parce qu’Israël m’est cher, je dois m’opposer à la violence, à la corruption, aux inégalités et à l’abus de pouvoir ».

En rajoutant :«J’ai choisi de ne pas participer parce que je ne voulais pas apparaître comme soutenant Benyamin Nétanyahou, qui devait faire un discours à la cérémonie », «De la même façon, je ne fais pas partie du mouvement BDS et ne le cautionne pas», «Comme beaucoup d’Israéliens et de juifs dans le monde, je peux critiquer la direction israélienne sans pour autant vouloir boycotter l’ensemble du pays».

Parler de violence alors que le pays se défend face à des terroristes qui veulent rayer Israël de la carte ce n’est pas la réalité.

Parler de corruption, d’abus de pouvoir, j’ai envie de te dire de laisser faire la justice car tu sais qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient et il n’y a pas de passe droit (un ancien premier ministre a même été en prison…).

Parler d’inégalités, bien sur qu’il y en a mais il est bien plus facile de critiquer plutôt que d’agir, nous attendons tes propositions pour faire avancer les choses et ton investissement sur place.

Natalie, de part tes succès et ta notoriété, tu n’es pas une israélienne comme les autres et ta parole est puissante. Tu aurais pu faire part de ton mécontentement d’une autre façon mais là tu nous a choqué en refusant ce prix et surtout tu donnes raison à tous ceux qui essayent de nous affaiblir. Tu n’as pas voulu boycotter Israël mais tout le monde le perçoit ainsi et tu donnes raison aux BDS.

Toi qui avais à de maintes reprises déclaré ton amour pour Israël notamment en 2015 dans cette tribune magnifique:

 Là où je suis née

« Là où j’ai goûté à ma première glace à l’eau et où j’ai appris la propreté. Là où certains de mes amis âgés de 18 ans à peine passent leurs nuits aux abris, la tête protégée par un casque. Là où seuls les agents de sécurité ont toutes leurs chances d’échapper au chômage. Là où les déserts fleurissent et où les aventuriers font rêver. Là où le cactus, piquant mais charmant, se fait le symbole de l’Israélien idéal. Là ou l’immigration s’appelle la « montée » et où l’émigration est appelée « descente ». Là où mes grands-parents ne sont pas nés, mais où ils ont été sauvés.

Là où les années passent au rythme des saisons, des olives, des amandes et des dattes. Là où la transgression est présente avec le porc et les crevettes dans les menus des restaurants de Jérusalem. Là où, malgré quelques exceptions, la laïcité est la règle. Là où le vin est religieusement pur. Là où les « maisons arabes » font référence à un terme positif dans  le langage immobilier, sans ironie aucune. Là où l’humour noir est intarissable. Là où il existe une infinité de mots pour traduire « déranger », mais pas un seul encore pour « assouvir ». Là où le rire est monnaie courante et les blagues, une religion. Là où les partis politiques se reproduisent plus vite que les hommes. Là où pas moins de six citoyens ont gagné un prix Nobel en cinquante ans. Là où le premier israélien a gagné une médaille d’or olympique de voile en 2004. Là où il y a de la neige à deux heures au nord et souffle le vent du désert à deux heures plus au sud. 

Là où Moïse n’a jamais été autorisé à marcher mais ou les détritus jonchent les rues. Là où la langue dans laquelle Abraham s’est adressé à Isaac avant de le sacrifier a ressuscité pour inclure  les mots “sweatshirt” ,“schadenfreude” (joie malsaine) ,“chemical warfare” (guerre chimique) et “press conference” (conférence de presse).

Là ou le muezzin chante, les cloches de l’église sonnent et le Chofar interpelle vaillamment depuis le mur. Là où les commerçants et les politiciens marchandent.

Là où il y aura un jour la paix mais jamais le silence.

Là où je suis née, là où mes tripes m’interdisent de renoncer ». 

Toi qui avais à de maintes reprises déclaré ton amour pour Israël, j ‘ai envie de savoir comment as tu pu en arriver là ?

Serge ATLAN pour SA REAL NEWS